L'intervention Le Film Affiche France

L'intervention

Titre Original
Date de sortie 30 janvier 2019Durée 1h 38min
Réalisé par Fred Grivois
Avec Alban Lenoir, Olga Kurylenko, Kevin Layne, Michaël Abiteboul, Sébastien Lalanne, David Murgia, Guillaume Labbé, Vincent Perez, Josiane Balasko
Genre Action, Guerre, HistoriqueNationalité France

Synopsis

1976 à Djibouti, dernière colonie française. Des terroristes prennent en otage un bus d’enfants de militaires français et s’enlisent à une centaine de mètres de la frontière avec la Somalie. La France envoie sur place pour débloquer la situation une unité de tireurs d'élite de la Gendarmerie. Cette équipe, aussi hétéroclite qu’indisciplinée, va mener une opération à haut risque qui marquera la naissance du GIGN.

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Le premier film de Fred Grivois est le film La Résistance de l'air (2015). Il y a presque dix ans, un des tireurs d’élite lui a raconté. Lui précisant qu'elle est à l’origine de la création du corps de police le plus aimé des Français, le GIGN. Grivois explique "J’y ai immédiatement décelé tous les ingrédients d’une grande aventure ! À petite échelle, c’est l’histoire de jeunes hommes qui vont devenir des adultes en 36 heures. Mais leur petite histoire s’inscrit dans la grande, celle avec un grand H. Car ils ont été les acteurs, en pleine guerre froide d’événements qui les dépassaient.
Je trouve aussi amusant que leur acte de désobéissance vis-à-vis du pouvoir soit l’acte fondateur du GIGN. C’est mon agent qui m’a poussé à ressortir mes notes… Et c’est devenu un film !
"

Se documenter sur ce récit ?

Le réalisateur raconte : "Cette affaire a été étouffée et peut-être est-elle encore classée, même si elle est connue. Deux ou trois livres sont parus à son sujet, mais il y a eu à l’époque une sorte d’embargo de la presse, car ces hommes ont pris un risque insensé et ont désobéi. J’ai donc commencé par rencontrer les anciens du GIGN, et l’un d’eux possédait quelques coupures de presse. Nous avons recherché et trouvé d’autres archives : l’article le plus exhaustif, le plus intéressant et le plus détaillé, mais truffé de réflexions d’un racisme inouï, était cinq pages dans Minute ! Paris-Match aussi avait bien couvert l’affaire, et Le nouveau détective avait fait paraître un article très intéressant".

Des vrais protagonistes de l'affaire ?

Il y a 10 ans, Grivois avait pu discuter de cette affaire avec différents protagonistes, tireurs d’élite et anciens otages. Au moment d'écrire le scénario, il a choisi de ne pas les impliquer. Il explique ainsi : "Pas documentariste et encore moins journaliste. Je ne voulais pas tant raconter la vérité des faits que celle des émotions et le travail d'écriture avait commencé, il y a 10 ans". Avec ses co-scénaristes, Ileana Epsztajn et Jérémie Guez, ils sont partis de ce qui lui restait en mémoire de l’histoire et de ce qu'il avait envie de raconter. De son côté, Ileana Epsztajn a épluché les articles de presse pour y trouver quelques détails indispensables.

A cette époque.

L’Organisation armée secrète (OAS) utilisaient des barbouzes pour ce genre d'opération, mais là, ce n'est pas le cas, ce sont des gendarmes. La France devait faire face à une menace nouvelle, le terrorisme, et elle devait donc se doter d’une nouvelle forme de réponse, que sont les groupes spéciaux d’intervention. Pour eux, tout restait à inventer. Ils étaient entraînés, mais pas forcément préparés à ce qu’ils allaient affronter. Pour montrer, que ces hommes essuyaient les plâtres, il faut se rappeler que l'histoire se passe au mois de février, en métropole, il fait froid. Ces hommes manquent d'équipement, un seul à un uniforme de militaire, les autres sont en civil. Ce sont des pionniers !

Film historique avec de la fiction.

Grivois voulait faire un film court et sec. Il était donc évident qu’il allait falloir faire des choix et tordre la réalité pour raconter plus de deux jours entiers en une heure et demie. C’est ce qu'il a trouvé le plus difficile à faire. Sachant qu'il prenait le risque de trahir d’une manière ou d’une autre les faits et ceux qui y ont participé. Le réalisateur avait lu des interviews de Mark Boal (scénariste de Démineurs et de Zero Dark Thirty) où il recommandait de fusionner les personnages réels dès qu'ils donnaient l'impression d'avoir la même fonction. Il a utilisé ce procédé assez souvent en restructurant les faits réels. Ensuite, le mélange fiction-réalité évolue selon les besoins et les temps du récit.

Quelques libertés de scénariste.

Le réalisateur explique : "J’ai pris bien sûr des libertés : l’agent de la CIA est une invention. J’avais besoin d’un personnage introduisant les enjeux géopolitiques de l’époque, mais aussi d’un Candide vis-à-vis des hommes de l'unité. La présence d’une base américaine sur le territoire de Djibouti et l’existence d’un dossier sur l’affaire aux Archives du Congrès américain, me fait penser qu’ils ne devaient pas se trouver si loin. De la même façon, Josiane Balasko incarne la position de l’État français : pas de prise de risque, des négociations dans l’ombre et des mallettes d’argent liquide. Contrairement aux Américains qui ne négocient pas face au terrorisme. Sauf que ce jour-là, on n'a pas négocié !"

Le contexte.

C'était la guerre froide, si la France perdait ce petit bout de territoire, pas plus grand que la région parisienne. L’accès au canal de Suez était perdu et les positions occidentales au Moyen-Orient en auraient été bouleversées. Ces hommes étaient dépassés par les événements, ils devaient pour sauver les enfants otages de tuer des forcenés. Alors que leur éthique était déjà "s’engager pour la vie". C’est-à-dire préserver la vie de tous, quels qu’ils soient. Ceci explique le dilemme de certains lorsqu’ils ont reçu l’ordre de tirer pour tuer, alors qu’ils étaient entraînés à "stopper" en touchant des points non-létaux. Ils ont connu quinze minutes de grande solitude face à une armée en état de guerre. Le communiqué officiel relate huit morts côté somalien, selon les témoignages que le réalisateur a recueillis, on atteint plutôt dix fois ce chiffre.

Mise en scène style 70.

Un choix du réalisateur pour ce film L'intervention, qui explique : "Nous avons tourné essentiellement la caméra à l'épaule à l'exception de 4 ou 5 plans en pied, statiques, et des points de vue tournés à la longue focale. Esthétiquement, je voulais quelque chose de très nerveux, ce qui pose beaucoup de problèmes au montage. Mais pour moi, le côté seventies était une évidence et mon passé de graphiste m’a permis d’y retrouver un vrai plaisir. Cela m’évoque des films que j'adore comme L'Affaire Thomas Crown (1968). Le split-screen (écran séparé ou divisé) est un outil narratif à la fois ludique et puissant qui permettait de dynamiser le statisme de certaines scènes".

L'institutrice.

Pour créer de l’empathie, il faut des personnages authentiques, avec des contours psychologiques consistants. L'institutrice est un personnage extraordinaire. Il en a fait une Américaine pour impliquer les États-Unis dans l’histoire.
"C’est Michael Laguens, le directeur de casting, qui a pensé à Olga Kurylenko. Quand elle m'a appelé pour dire qu’elle acceptait, j'ai d’abord cru à une blague, mais elle a réellement adoré le rôle. Bien qu’ayant tourné sous la direction de Terrence Malick ou Terry Gilliam et avec Tom Cruise et Ben Affleck, elle se laisse diriger avec simplicité, sachant faire la jonction entre nos méthodes de jeu et celles des Anglo-saxons qui sont assez différentes… Et c'est aussi elle qui fait la jonction entre les différents mondes décrits dans le film grâce à la générosité de son travail et la qualité de son jeu" explique Grivois.

Le groupe d'élite.

Le réalisateur dit, "C’est un groupe, une bande, une clique. Avec chacun sa personnalité et sa façon de faire. Cela a influé sur le choix du casting. Chacun a trouvé sa place en fonction de son caractère. Alban Lenoir, sérieux et physique, était une évidence pour faire le chef. Sébastien Lalanne, avec son humour et ses pulsions d’organisateur s’est de fait placé comme son second. David Murgia, qui improvise beaucoup et passe son temps à blaguer, a pris le rôle d’élément perturbateur. Michael Abiteboul s’est avéré un parfait conciliateur avec sa bonhomie mêlée d’angoisse. Quant à Guillaume Labbé, il s’est beaucoup amusé à jouer ce personnage taiseux et peu avenant au premier abord.
Les cinq ont vraiment formé une bande de potes à l'écran et hors écran : il était essentiel qu’ils soient soudés sur le plateau et dans la vie
".

Le chef des preneurs d'otages.

"Kevin Layne a donné à son personnage une dimension à laquelle je n'aurais pas pensé. La fragilité de l’homme qui fait le constat que tout se délite, que rien ne se passe comme prévu. Il incarne un homme prêt à passer 20 ans en prison, mais pas à mourir. Il se bat pour avoir un pays, mais les événements qu’il a provoqués dégénèrent. Je ne voulais pas qu’il soit un pur méchant. Ces gens étaient des indépendantistes. Nous ne sommes pas encore dans le terrorisme actuel. Humaniser ce personnage, qui était un intellectuel et un universitaire, permet de faire réfléchir à son combat. Et il m’apparaissait important de donner du relief aux adversaires, et d’exprimer leur point de vue", raconte Grivois.

Les scènes violentes et les enfants

En Belgique, ils ont casté la petite qui joue Louise, et l’enfant qui reçoit une gifle. Les autres ont été choisis sur place, au Maroc, le plus jeune avait quatre ans. Pendant ses recherches sur l’événement, le réalisateur avait été surpris par tous les horizons différents d’où venaient ces enfants. Et il était important de restituer cette diversité : l'école de la République les rassemble tous. Les enfants ont été très disciplinés, très impliqués, et se sont beaucoup amusés. Ils ont abordé les scènes sous forme de jeux pour éviter par exemple qu’ils aient peur des explosions. Ils ont été entraînés par le chef cascadeur comme le jeune garçon qui reçoit la gifle et dont la tête percute la vitre. Kevin devait susciter l’expression de leurs peurs et avait ordre de ne pas trop copiner avec eux !

La difficulté du tournage

Au Maroc, à une demi-heure de Marrakech, en plein désert. Il y a eu une journée avec 52° à l’ombre ! Les artificiers marocains avaient tendance à exagérer les charges d'explosifs, et il y a eu quelques accidents. Alban s'est déboîté une épaule et s'est brûlé une main. David a fini avec 5 points de suture dans la paume gauche ! Mais cela n'a arrêté personne, car tous étaient motivés et désireux de faire partie de la bande. Physiquement, le tournage a été éprouvant. Ils ont tourné avec 2 caméras et en équipe double en permanence. Ce qui est très difficile, mais qui permet de gagner du temps. Fred Grivois tire un coup de chapeau particulier à Julien Meurice, chef-opérateur et cadreur, qui portait 8 kg de matériel sur l'épaule tous les jours.

L'armée marocaine et les villageois

Ils ont pu tourner sur la plus grande base militaire du pays où avaient été tournés La Chute du faucon noir (2001) et la série Jack Ryan (2018). Les autorités marocaines les ont beaucoup aidés, ils avaient même un fourgon blindé surveillé par l'armée pour leurs armes et explosifs. Un jour, ils ont perdu une balle et ils ont dû fermer le plateau jusqu'à ce qu’elle soit retrouvée. L’un des techniciens a dû passer tout le sable au détecteur de métaux !
Pour les villageois, ils leur ont creusé un puits, et reconstruit leur mosquée. Ils ont engagé une partie des habitants, dans les équipes déco et régie. C’est une bonne chose d’avoir pu donner un peu à ces gens qui les ont si bien accueillis dans leur village.

L'intervention, la naissance du GIGN, le film de Fred Grivois
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kiki

Bonsoir Wolfneo, C'est un très bel article sur le film L'intervention, de Fred Grivois. Merci à toi pour le synopsis du film, la bande-annonce, les photos et ta rubrique Informations, qui comme à chaque fois, nous apportent beaucoup de renseignements. Je me souviens de cette affaire dramatique, où des enfants étaient pris en otage et de l'action de cette unité de tireurs d'élite de la Gendarmerie, qui marquera la naissance de la GIGN. Le réalisateur, Fred Grivois a eu raison de faire ce film, même si tout ne correspond pas à la réalité, dans cette affaire, il fallait réagir pour… Lire la suite »